Après avoir passé une semaine dans le sud tanzanien, Augustin et Lénaïc se sont envolés à bord d’un avion taxi, au départ du parc de Ruaha, pour se rendre dans l’un des plus célèbres parcs d’Afrique: le Serengeti, l’une des images d’épinal d’un safari où les grandes plaines ouvertes sont ponctuées de rares acacias parasols et de quelques enfilades de rochers, nommés les kopjes. Nul doute que ce parc figure aisément dans le top 3 du classement des meilleurs endroits pour faire un safari en Afrique.
Pourquoi ? On vous raconte tout ici, mais avant, bienvenue chez nos amis les félins !

Nous sommes donc en novembre, et la première question de l’on se pose généralement : est-ce une bonne période pour faire un safari en Tanzanie ? Bon, mais que veut dire « bonne période » ? par rapport à quels critères ? il y a en effet de nombreux aspects qui rentrent en ligne de compte lorsque l’on veut organiser son voyage: la météo (saison des pluies vs saison sèche), l’affluence touristique, les prix, la densité animalière, la qualité des observations etc. L’un des gros avantages de la Tanzanie, et particulièrement du Serengeti, c’est qu’à n’importe quelle saison, on voit beaucoup d’animaux. Non seulement parce que ses plaines ouvertes augmentent la visibilité, mais également parce qu’il est l’un des parcs les plus densément peuplés en animaux. Ensuite, le parc est le théâtre de la Grande Migration, près de 2 millions de gnous et zèbres qui migrent annuellement en effectuant un cycle entre le sud de la NCA (zone de Conservation du Ngogongoro) et la réserve de Masaï Mara, le prolongement du Serengeti côté Kenya. Le Serengeti accueille donc toute l’année ces grands troupeaux, sur différentes zones selon la saison. Entre les périodes de migration, il y a les deux principales périodes de rassemblement:
- entre juillet et octobre dans le nord Serengeti/Masaï Mara, période où l’on peut observer les « crossings », ces traversées de rivières parfois spectaculaires avec l’attente des prédateurs (crocos, lions…)
- entre décembre et mars dans la zone de Ndutu (NCA), période des naissances où l’on observe plein de nouveaux nés chez toutes les espèces

MAIS ATTENTION ! Ces informations sont purement « théoriques » et indicatives, le cycle de migration est un spectacle naturel qui reste imprévisible dans son mouvement, sa localisation, sa densité etc. Tout comme il devient de plus en plus délicat de s’avancer sur les périodes climatiques, il ne faut jamais prendre pour argent comptant les informations données sur la présence des animaux à tel ou tel endroit, durant telle ou telle période. Preuve en est : durant ce voyage, nous avons pu observer d’immenses troupeaux migratoires dans l’ouest du Serengeti, zone qui est supposée accueillir ces flux sur les mois de mai-juin…
De la même manière, la « grande saison des pluies » est attendue entre courant mars et fin mai, et la « petite saison des pluies » est censée s’étendre sur octobre-décembre, mais là encore, il ne faut pas toujours se fier à cette théorie. Avec les dérèglements climatiques qui perturbent notre belle planète, nul ne peut prédire la pluviométrie longtemps à l’avance. Il nous est arrivé plusieurs fois de partir en saison verte et de n’avoir que très peu de pluies, et à l’inverse de partir en saison sèche et se retrouver à patauger avec le 4×4 dans des mares de boue créées par une agitation importante du ciel… malgré tout, considérez que la probabilité de se faire mouiller sera un peu plus importante entre mars et juin qu’entre juin et octobre, par exemple.

Revenons-en à nos gnous. Après avoir atterri sur la piste de Seronera, déjà accueillis par une famille de hyènes squattant un terrier d’oryctérope sur le bas côté de la piste, nous sommes transférés dans l’un des très beaux camps du centre Serengeti, où l’ambiance Out Of Africa n’a jamais été mieux retranscrite qu’ici. Pendant 2 jours, nous allons en prendre plein les yeux ! face à une plaine ouverte en contrebas du camp, les tentes s’intègrent parfaitement dans la savane et chaque véranda privée se transforme en un spot d’observation privilégié. Gnous, zèbres, éléphants, antilopes déambuleront devant nos tentes, tandis que hyènes et lions se feront entendre la nuit…


Dans la vallée centrale de Seronera, la densité animalière est forte toute l’année, ce qui en fait l’un des lieux les plus fréquentés du pays, mais en partant hors période de vacances, l’impact de cette affluence se fait moins ressentir. Nous aurons à plusieurs reprises le bonheur d’observer en toute quiétude lions, guépards, éléphants, hyènes et même, tenez-vous bien, un caracal !



Côté félins, on a bien été gâtés, même si le léopard a manqué à l’appel. Côté herbivores et troupeaux, là aussi le spectacle fut au rendez-vous. Et comme annoncé plus haut, avec en plus la surprise de croiser des troupeaux de milliers de gnous en transhumance, avec un passage de rivière asséchée et des grondements de sabots soulevant la poussière. Une vraie débandade, comme dans le Roi Lion !


Côté affluence, on ne peut pas dire qu’on a été dérangés. Mais encore une fois, tout dépend de là où vous allez. Il est certains qu’autour de la zone de Seronera et de sa piste d’aviation, il y a un regroupement important de lodges et de camps: les observations se font donc rarement sans la présence d’autres véhicules tout autour. Mais si vous connaissez les coins un peu plus isolés, cela permet non seulement de vivre l’expérience de manière plus authentique, mais également d’avoir un peu plus de flexibilité sur l’horaire de retour au camp, les rangers étant moins regardants sur ces zones. Il nous est ainsi arrivé de pouvoir rester jusqu’à la tombée de la nuit auprès de ces adorables petite peluches :

Dans cette partie centrale du Serengeti, nous avons croisé plusieurs dizaines de lions, souvent par familles, mais parfois des mâles solitaires. Beaucoup de petits également. Plusieurs observations de guépards, plusieurs scènes de chasse, et toujours de magnifiques scènes avec éléphants, girafes etc.
bref, une confirmation supplémentaire, s’il en fallait, que le Serengeti est un peu the place to be si l’on veut observer un maximum d’animaux, et ce, n’importe quand dans l’année.
Il nous fallait aussi découvrir la région du Western Corridor, cette partie Ouest du parc traversée par les rivières Mbalageti et Grumeti, toutes deux débouchant sur le lac Victoria. Cette zone, du fait de son éloignement de la zone centrale et des circuits classiques, est idéale pour ceux qui recherchent un safari plus exclusif. Beaucoup moins nombreux sont les lodges/camps présents dans cette région, ce sont d’ailleurs davantage des adresses de luxe. Côté faune, c’est dans ce corridor que nous avons croisé les troupeaux de milliers de gnous, à notre grand étonnement car les théories que nous avions apprises n’indiquaient pas ce routing à cette période de l’année ! en dehors des gnous et zèbres, nous avons pu observer une famille de lions. Quelques antilopes bien sûr, mais une densité globale un peu moindre par rapport à la zone de Seronera.


Allez, avant de vous quitter, nous ne pouvions résister à l’envie de vous donner envie… aimeriez-vous séjourner dans ce genre de lodge ?


Alors, prêt pour vous envoler vers le Kilimandjaro et les plaines infinies du Serengeti ? Nous restons à votre disposition pour en discuter 🙂



